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Enfin Francis et Andrée Delattre vont pouvoir envisager l’avenir plus sereinement. Leur sourire retrouvé fait chaud au cœur...
Grand merci à Pas-de-Calais Habitat et au Sous-Préfet de Lens qui ont su m’écouter et agir pour que cette famille dourgeoise retrouve le goût de vivre.
« Seules sont perdues d’avance les batailles qu’on ne livre pas »

Sabine Van HEGHE

photo voix du nord 15042018 

Victime d’un AVC en août, Francis, qui vit en reclus, va enfin emménager dans un logement adapté

www.lavoixdunord.fr

On vous avait présenté Francis Delattre et son épouse, Andrée, début janvier. Le Dourgeois de 64 ans avait fait un AVC en août 2017, qui l’avait laissé hémiplégique et en fauteuil roulant. Son épouse se battait pour trouver un logement adapté au handicap, en vain. Eureka, une solution se profile. Le couple devrait emménager en septembre.

« En ce moment, c’est vraiment difficile au niveau du moral… », confie Francis, dont la pudeur et la dignité sont mises à mal.

Depuis cet AVC en août, Francis résidait au centre de rééducation des Hautois d’Oignies, où ses journées étaient rythmées par les séances de kiné. Mais la question de son retour à la maison commençait à inquiéter son épouse. Car le logement qu’ils louaient, à Dourges, n’était pas adapté à un fauteuil. Résultat : Francis ne profitait même pas de ses « permissions » du week-end et restait bloqué au centre en permanence, faute de pouvoir passer la porte de son salon.

Bloqué au centre de rééducation plus de six mois

Son épouse, Andrée, se démenait pour trouver une solution, mais leur situation était ubuesque : impossible de trouver une location adaptée dans le parc privé, alors que le couple affichait par ailleurs des revenus trop élevés pour bénéficier d’un logement du parc social. Bref, le casse-tête. Andrée avait écrit au président de la République, à la ministre de la Santé, au secrétariat d’État chargé du handicap, à la députée… Aucune réponse.

Au fil du temps, Francis a fini par déprimer au centre. «  Il fallait qu’on le sorte, ça n’allait pas du tout, il ne voulait plus rien faire…  », raconte Andrée. Francis est donc rentré chez lui, à Dourges, le 1er mars. Où il squatte le salon, 24 h sur 24, faute de pouvoir circuler. Les séances de kiné se font désormais à domicile et les progrès sont en dent de scie.

Une vie de reclus depuis début mars…

«  En ce moment, c’est vraiment difficile au niveau du moral…  », confie Francis, dont la pudeur et la dignité sont mises à mal. «  Je ne peux pas accéder aux toilettes, donc j’ai une chaise percée dans le salon. Pour la toilette, c’est pareil, je ne peux pas monter à l’étage pour la douche…  » Le moral du couple n’est pas au beau fixe. Andrée confirme : «  On ne peut plus recevoir personne, les petits enfants ne peuvent plus venir… On est complètement isolé, on en a ras le bol tous les deux, vraiment…  »

Mais les choses devraient bientôt changer. La semaine dernière, le couple a visité «  une grande maison, à Hénin. Une maison de Pas-de-Calais Habitat…  » Un bailleur social donc, auquel, a priori, ils n’ont pas droit. «  Mais nous avons été très activement soutenus par la sénatrice Sabine Van Heghe, c’est grâce à elle que ça se débloque…  » Concrètement ? La maison est occupée, «  mais la locataire part fin mai, et ensuite un technicien qui a fait la visite avec nous a pris note de nos besoins. Ils vont faire des travaux pour rendre le logement accessible, abattre des cloisons, créer des wc et une chambre au rez-de-chaussée. On est tellement impatients !  » Normalement, Francis et Andrée déménageront en septembre.

Confronté au handicap, « on se sent tellement seuls ! »

«  J’ai été alertée par l’article paru en janvier, raconte Sabine Van Heghe, sénatrice. On ne pouvait pas laisser ces gens sans solution. Comme je suis administratrice de Pas-de-Calais Habitat, j’ai sollicité le président, les vice-présidents, mais les logements adaptés sont très peu nombreux, et peu de logements sont adaptables. Il faut de grands logements où l’on peut casser des cloisons, créer des espaces… Un béguinage aurait été idéal, mais ceux existants sont complets et ceux en cours de construction, comme celui de Courrières, étaient déjà tous pris d’assaut et réservés.  »

« C’est avec des dossiers comme celui-ci que le rôle d’élu prend tout son sens »

Tout de même, les services de Pas-de-Calais Habitat ont fini par repérer, à Hénin, une maison qui allait se libérer, assez grande pour être adaptée. Une maison en principe prévue pour une famille mais, «  la commission logement a bien compris nos arguments... C’est avec des dossiers comme celui-ci que le rôle d’élu prend tout son sens.  »

Si elle se termine bien, l’aventure de Francis et Andrée Delattre révèle à quel point le parc locatif, privé ou public, est insuffisant à répondre aux besoins du handicap ou du grand âge. Les béguinages sont complets avant d’être construits. Les logements adaptés dans le parc immobilier traditionnel sont rarissimes. Andrée confirme : «  Là, on se rend compte comme c’est dur. Il faut le vivre pour le comprendre, saisir toutes les difficultés. Bien sûr, on en entend parler, mais qu’est-ce que c’est difficile ! Et on se sent tellement seuls !  »

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