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Cette vague d’attentats terroristes n’est pas la première et ne sera pas non plus, hélas, la dernière. Ma pensée va d’abord aux victimes et à leurs familles ».

C’est la guerre qui nous est faite mais une guerre asymétrique. Nous n’avons pas les moyens de la gagner rapidement. Mais nous devons la gagner, d’abord en manifestant notre unité nationale derrière les mesures prises par le Président de la République et par le Gouvernement, ensuite en montrant sang froid, détermination au long cours et, s’il le faut, bravoure.

Les défis se situent à l’intersection des conflits du monde arabo-musulman et des tensions internes de notre société. La menace vise la France et la République. La réponse c’est la France et c’est la République. C’est en appliquant nos principes et nos lois dans toute leur rigueur que nous préserverons la cohésion nationale. Nous finirons par isoler une poignée de criminels fanatiques semeurs de haine.

Le patriotisme et le civisme du peuple français tout entier, c’est-à-dire de la communauté des citoyens dans leur ensemble, permettront de les éradiquer.

 


 

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Radio Classique et LCI, mercredi 11 novembre 2015. Il répondait aux questions de Guillaume Durand.

Le 11 novembre commémore tous ceux qui sont mort pour la France à l'occasion de tous les conflits, les deux guerres mondiales, mais aussi les autres conflits.

  • Bien sûr, c'est le 11 novembre 1918, une victoire à l'arrachée, à bien des égards surprenante, car la France est affaiblie en Europe. Je rappelle : Trafalgar et Waterloo, elle avait perdu l'hégémonie mondiale et maritime ; 1870, Sedan, un rival surgissait sur le continent ; et en 1914-1918, la France est l'âme de la coalition. Elle tient en 1914 grâce à aux russes, ce qu'on oublie toujours de rappeler, parce que les Russes attaquent en Prusse orientale, et obligent deux corps d'armées allemands à courir aux frontières de l'est, donc nous permet de tenir sur la Marne.
 Ce conflit, très cher payé, et qui aboutit à une paix fragile, parce qu'elle n'était pas garantie par les Etats-Unis, contrairement aux engagements de Wilson vis à vis de Clemenceau, n'a pas empêché une surenchère du pangermanisme, sous la forme la pire qui soit, puisque c'était le nazisme.

 

  • C'était un sursaut français, mais aussi anglais. Je pense qu'il faut bien voir que la guerre de 14-18, c'est surtout l'intervention de la Grande-Bretagne, qui n'était pas prévue par les Allemands, au moment du viol de la neutralité belge, parce que les Britanniques ne pouvaient pas accepter que le continent soit dominé par l'Allemagne, pas plus qu'ils ne l'avaient accepté de Napoléon.
  • Aujourd'hui, tous les peuples européens ont chuté. Il n'y en a aucun qui ne puisse considérer qu'il est plus puissant aujourd'hui qu'il ne l'était en 1914. Et le déclin de la France est parallèle à celui des autres puissances européennes.
  • Cette situation devrait nous conduire à définir une confédération européenne, qui nous permettrait d'agir ensemble, pour peser dans le monde de demain. Parce que ce qui s'est passé après les deux guerres mondiales, c'est le passage de l'hégémonie, qui était européenne, aux États-Unis. Le XXIe siècle, ce sera les Etats-Unis et la Chine. Que va faire l'Europe ? Est-ce que nous serons capable, non pas de substituer une nation européenne aux nations qui existent – il y a une trentaine de nations en Europe – mais une confédération européenne, enjambant même la Méditerranée, parce que l'espace euro-africain est très important ?
  • Si nous sommes capables d'avoir cette vision d'avenir, je pense que nous remonterons la pente.
  • L'erreur est antérieure à François Hollande et Nicolas Sarkozy. On a cru substituer l'Europe aux nations. L'erreur, c'est la génération Giscard-Schmidt, et Mitterrand quand même aussi, il faut bien le dire, parce que le traité de Maastricht, c'est François Mitterrand : on crée une monnaie unique, on abandonne notre souveraineté monétaire, nos frontières (Schengen). Le résultat n'est quand même pas brillant.
  • Je rappelle que c'est à 1% de majorité que le traité de Maastricht a été approuvé, et qu'en 2005 c'est 55% des Français qui ont rejetté le projet de traité constitutionnel de M. Giscard d'Estaing.
  • Je suis patriote, mais je n'emploie pas le mot souverainiste, non pas que j'ai quelque chose contre la souveraineté. Je rappelle que le titre I de la constitution c'est « De la souveraineté ». La souveraineté, c'est la démocratie.
  • Il faut proportionner l'accueil à la capacité d'intégration. Si nous sommes capables d'intégrer, bien entendu, nous pouvons accueillir. De toute façon, la solution est à la fois une régulation des flux de migrants, qui est nécessaire, et qu'il faudra aborder beaucoup plus sérieusement que cela n'a été fait jusqu'à présent, et puis d'autre part un renforcement de l'intégration, ce qui suppose que nous aimions nous-mêmes, que nous croyons à la France, qu'elle ait encore un avenir, qu'elle peut donner sens à l'Europe.
  • Si nous donnons envie d'adhérer à un projet républicain, Français et européen, les jeunes issus de l'immigration peuvent avoir envie de s'agréger à cette nation, qui garde un horizon. Si par contre, elle n'a plus d'horizon, qu'elle ne pense qu'à la fatalité de son déclin, et si elle entend ses élites qui n'ont de cesse que la France est faite pour être enterrée, à ce moment là, on n'a pas envie de s'intégrer.
  • Florian Philippot a peut-être été dans un de mes comités de soutien, il y avait quand même beaucoup de monde, mais je ne l'ai pas rencontré. De toute façon, le Front National, c'est un génome d'extrême-droite, et c'est sur les problèmes de la relation de la France au reste du monde quelque chose qui n'est pas acceptable. Je pense que la nation, c'est l'idée républicaine de la nation, tournée vers l'autre, vers l'amitié avec les autres peuples, vers l'intérieur de la France, c'est l'amitié civique. Tout cela, je ne le trouve pas dans le programme du Front National.
  • La réflexion sur la fusion des listes PS et UMP dans les régions où le FN pourrait l'emporter est tout à fait prématurée. Je pense que le moment n'est pas venu de spéculer. Je pense que la priorité est à la campagne : il faut trouver de bons arguments et faire une campagne digne. Je suis tout à fait hostile à l'hystérisation du débat politique. Je pense qu'il faut analyser les arguments, débattre.
  • En tant que patriote français, je pense que la France doit avoir une relation spéciale avec la Russie. Je rappelais la Première Guerre mondiale, j'aurais aussi pu rappeler la Seconde : Stalingrad... C'est quand même eux qui ont payé le plus lourd tribut. Et je pense que c'est rester dans une bonne tradition, qui est non seulement celle de la Troisième République, mais celle du gaullisme, que de penser qu'il y a place pour le dialogue avec la Russie.
  • Nous avons avec la Russie des ennemis communs. Il y a Daesh. Nous devons travailler ensemble à trouver une solution politique.
  • C'est mal poser le problème que de poser la question du départ de Bachar El Asad. On personnalise le problème. La vraie question, c'est l'Etat. Il faut maintenir un Etat. Bachar il peut disparaître, personne n'y est attaché, mais il faut que l'Etat syrien demeure, et que par accord politique, on arrive à consolider les bases de cet Etat, à vaincre Daesh, Al Qaeda. Le régime peut évoluer, on peut discuter. Les modérés existent sur le terrain, on les soutient depuis trois ans, mais à un moment donné il faut tirer les conclusions qui s'imposent. Il faut rendre la Syrie vivable pour son peuple.
  • L'origine principale des migrants à l'avenir ne sera pas la Syrie ou l'Irak, ce sont des pays relativement peu peuplés. Regardez l'Afrique, voyez les problèmes qui se posent, du Sahel à la Corne de l'Afrique. Si nous ne les prenons pas dès maintenant en prenant à bras le corps la question du co-développement, c'est une bombe que nous laisserons exploser dans quinze ou vingt ans.

 


 

 

François Hollande a annoncé son intention d’accueillir 24 000 migrants en France qui s’ajouteront au 14 500 que nous accueillons chaque année. Face à ce drame humanitaire, la France doit remplir son devoir notamment sur le droit d’asile même si nous pouvons émettre de sérieux doutes sur les chiffres annoncés quand, en même temps, l’Allemagne se dit prête a en accueillir 800 000 !
 
Au-delà de cette action dans l’urgence, la France et ses alliés doivent agir pour contenir l’immense vague migratoire qui guette l’Europe. La création de centres de rétention aux frontières de l’espace Schengen devient indispensable pour contenir le flot de migrants et pour surtout définir, avant l’entrée sur les territoires, qui relève du statut de réfugié que nous aiderons dans la limite de nos moyens et qui relève de la migration économique ayant vocation a rester aux frontières de l’Europe.

Pour contenir ce flot de migrants sur le long terme, nous devons réparer aussi les erreurs du passé et notamment les folies de la politique étrangère des Etats-Unis au Proche-Orient. La situation en Syrie et en Irak est une des causes de cette situation. Une nouvelle fois François Hollande a préféré ne rien faire. Il a même participé à l’affaiblissement du régime syrien face aux barbares de l’Etat islamique. Pour fixer les populations en Syrie et en Irak, nous n’avons pas d’autres moyens que de combattre l’Etat Islamique et soutenir le régime de Bachar El-Assad, seul apte à stabiliser la région, en attendant d’ouvrir, à l’avenir, un processus démocratique.

Enfin, cette épisode douloureux démontre une nouvelle fois que l’Europe, telle que nous l’avons construite, est un échec. Il devient donc urgent de lever le tabou d’une nouvelle Europe en discutant dés aujourd’hui de l’avenir et de la suspension provisoire ou définitive de l’espace Schengen.

 


 

 

A l’occasion de sa conférence de presse, le Président de la République a annoncé ce lundi 7 septembre que notre pays procéderait dès demain à des vols de reconnaissance en Syrie, préalables à des frappes ciblées contre Daech. François Hollande met ainsi fin à une distinction absurde entre d’un côté l’Irak, où la France prend part aux frappes aériennes en tant que membre de la coalition, et de l’autre la Syrie où le mutisme a été préféré jusqu’ici, par peur de « renforcer » le régime de Bachar El Assad, également aux prises avec l’Etat Islamique. L’action de la France en Syrie ne peut plus être guidée par le slogan « Bachar tombera ».  
Pour le moment, le Président de la République ne conduit pas la révision jusqu’à son terme : au rang des puissances régionales qu’il cite comme interlocutrices dans la lutte contre l’Etat Islamique, le régime syrien est absent, contrairement aux pays du Golfe, à la Russie et à l’Iran. Pour lutter efficacement contre l’Etat Islamique, il est nécessaire de s’appuyer sur tous les alliés potentiels. L’accord nucléaire iranien voulu par les Etats-Unis et accepté par la France, permet une discussion avec l’Iran sur de nouvelles bases. Ignorer Damas, et refuser la coordination, réduira inéluctablement l’efficacité des frappes. Sans laver le régime syrien de sa responsabilité dans la guerre et les exactions, une approche réaliste doit prévaloir.  
L’enjeu n’est pas seulement la lutte contre le terrorisme mis en avant par le Président dans sa conférence, l’objectif poursuivi doit être aussi et surtout la stabilisation d’une région dont les troubles ont des répercutions jusqu’à nos frontières par l’afflux de milliers de réfugiés fuyant la guerre. A défaut d’une action cohérente et coordonnée dans la région, la solidarité dont font preuve les peuples européens à l’égard des réfugiés sera largement insuffisante et les frappes en Syrie ne seront qu’une forme militarisée d’agitation.  

 

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